Un spectacle miroir de la société

lycée Colbert parcours du spectateur avec le Festival d'Automne de Paris

Nous sommes un vendredi matin, devant la Maison de la poésie. Mme Fayon, professeur de français au lycée Colbert à Paris, filme ses élèves. Chaque lycéen se présente face à la caméra. Cette présentation alimentera le blog Histoires d’automne mis en place par le médiateur du Festival d’Automne à Paris, Anthony Thibault, afin de valoriser les regards de collégiens et lycéens, spectateurs des créations contemporaines programmées dans le cadre du Festival.

La veille au soir, la classe de Terminale littéraire du lycée était venue assister avec l’enseignante au spectacle L’encyclopédie de la parole. Une performance étonnante, mise en voix par la comédienne Emanuelle Lafon, d’une prouesse bluffante. À nouveau accueillie par la Maison de la poésie, cette fois-ci sur le plateau, les élèves participent à un « atelier du lendemain » animé par Florence Chantriaux et Jean Noël Bruguière, des Ceméa (Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active). L’atelier permet aux lycéens de replonger dans leur expérience de spectateur.

Cela commence par des jeux de mise en espace, un travail sur le geste et son exagération. Petit à petit, les langues se délient, les souvenirs du spectacle se font entendre : « Je me souviens des mots russes », énonce timidement un lycéen ; « on sentait que c’était travaillé », renchérit un deuxième ; « j’ai l’impression que c’est un peu un miroir de la société », avance un troisième. D’autres avouent leur ennui : « Il est difficile de passer une heure devant un spectacle sans action. » Les lycéens évoquent aussi les nombreux questionnements que la performance a suscités : y avait-il un lien entre tous ces moments-là ? Y avait-il un message ? La comédienne exagère-t-elle dans ses imitations ? Chaque question fait l’objet d’un échange et d’une réflexion sur le sens de la performance.

Après ce temps de parole, les lycéens se remettent en scène pour de nouveaux jeux théâtraux. Pour clôturer cet « atelier du lendemain », ils invitent Emmanuelle Lafon, la comédienne, à devenir spectatrice à son tour du fruit de leurs réflexions et ressentis, mis en voix, en chant et en gestes. En effet, on oublie combien il est important pour les comédiens d’entendre l’expérience des spectateurs face à une œuvre.

Alice Fiona Tucker

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